Ma Psychanalyse est terminée, Agnès Bardon (1)
"Sort-on réellement différent d'une psychanalyse ou simplement délivré de certains symptômes? Vous change-t-elle en profondeur, vous rend-elle plus libre? Qui est-on deux ans, dix ans après la dernière séance? La psychanalyse a-t-elle une fin?
Pour la première fois, une enquête est menée auprès de personnes ayant mis un point final à une cure psychanalytique accomplie avec un praticien reconnu par une des grandes écoles de la profession. Les témoins reviennent sur ce travail, ses mauvais moments et ses libérations, ses victoires et ses limites. Et ils se posent la question : si c'était à refaire?
En annexe, le lecteur qui hésite à entreprendre cette aventure trouvera les renseignements qui peuvent lui être utiles : comment choisir un thérapeute, où se faire psychanalyser gratuitement ou en bénéficiant de la sécurité sociale, quel est le coût moyen d'une cure, comment se repérer entre les différentes écoles, quel livres peuvent être lus pour aider à la décision."
Ce que j'ai retenu, ce que j'en pense :
La psychanalyse ne se termine pas en apothéose, la vie suit son cours (l'analyse aussi), il n'y a pas de déchirement final, de séparation larmoyante. C'est plus la continuité naturelle d'une démarche, comme un ruisseau qui suit son cours.
Le choix de la fin : Certains analysants font le choix, seul, d'arrêter là, comme s'ils avaient atteint une maturité, comme s'ils s'émancipaient de l'analyste comme l'enfant coupe le cordon (ah oui sauf que dans les faits, c'est pas l'enfant qui coupe le cordon... bref, passons!).
Pour certains, rarement, c'est l'analyste, qui met un terme au voyage. A ce propos, une personne m'a fait part du sentiment d'abandon que cela pouvait susciter. La force des émotions s'estompe avec le temps, et au-delà de cette fin officielle, le travail anayltique se poursuit... Se digère...
Et enfin, et c'est cette fin que je préfère (vive Walt Disney, amour gloire et beauté !!) : celle qui est convenue d'un commun accord. D'ailleurs, suite à la lecture du bouquin, j'avais d'ailleurs dit à JC que je voudrais une fin d'un commun accord, car si c'est moi qui décide seule, j'aurais peur de faire le mauvais choix et de regretter.
La psychanalyse permet de se réapproprier son histoire, de revisiter son passé. Elle a un impact dans toute la socialisation ou "sociabilité" de l'individu, elle le modèle (comme de la pate à modeler) : tant au niveau professionnel, amical, sentimental... Bref, la psychanalyse dévaste (vertueusement semble-t-il!!) tout sur son passage. "Comme un ouragan, qui passait sur moi..." Stéphanie, ta gu...
C'est le "connais-toi toi-même" de Socrate. De cette connaissance de soi résulte une liberté, pleinement consciente, de choisir, de faire. Faire ses choix, en connaissance de cause, et non pas en étant victime de ses névroses. Cela m'a fait pensé à la notion d'existencialisme chez Sartre : l'analysé est condamné à être libre. (comprenez, l'homme est un être libre et doit obligatoirement faire des choix, ce en quoi il est libre, et donc aucunement victime de déterminisme)
La psychanalyse n'est jamais terminée, elle permet l'acquisition de réflèxes, de façons de penser, de voir, d'entendre... d'analyser ses ressentis et expériences. Ces réflèxes aident à déjouer les pièges de l'on se tend : l'analysant ne change pas, il se révèle et se connaît mieux.
Au fil des récits, j'ai remarqué des similitudes entre mes ressentis et ceux de certains analysants... C'est intéressant.
Par Nikaya, Mercredi 8 Aout 2007 à 22:13 GMT+2 dans Lectures et correlations (article, RSS)






