Le silence du psychanalyste (1)
Après 3 petits mois d'analyse, ma plus grande difficulté, c'est le silence de l'analyste. Oui, c'est peut-être un comble, car c'est le cadre même de la psychanalyse. Je le sais... Rationnellement... Mais dans l'expérience, c'est difficile à vivre. Mais pourquoi ce silence ?
Ce silence me donne l'impression que l'analyste tient une position totalitaire, d'être un enfant dont la mère refuse sans pitié les bras lors d'un caprice... que l'analyste me laisse ramer et m'épuiser sans me tendre une main... qu'il ne se "mouille" pas trop, en ne voulant pas imprimer en moi ses propres jugements...
Je me suis même dit qu'il était trop scolaire et qu'il pourrait, pour moi, sortir un peu du protocole.
Et j'ai trouvé cet article de Thierry Bokanowski hier De l'analyse de la répétition et du cadre de l'analyse qui a mis des mots (certes pas les miens) sur ma souffrance... Je
comprends maintenant le mécanisme issu de ce nécessaire silence. Ce que ce silence évoque pour moi... (lire entre les lignes)
Plus
qu'un laisser-aller "relax, reste zen", je vais devoir accepter -bon gré mal gré, j'ai pas le choix...- de vivre pleinement cette
souffrance dûe à son silence pour aller plus loin dans mon
analyse.
"Analyser la répétition ne s'avère possible qu'en fonction d'un travail qui passe par la régression. Réciproquement, c'est la régression (formelle, topique, temporelle et libidinale) qui induit les conditions qui rendent possibles l'analyse de la répétition.
Du fait des limitations des activités perceptives et motrices, ainsi que de l'établissement du cadre - règle fondamentale, fond silencieux de l'analyste, fréquence des séances -, la situation de la cure, avec les manifestations transférentielles qu'elle induit, favorise la régression, notamment topique. Dès lors, l'analyste devient la personne et le lieu destiné à recevoir le transfert de la relation aux objets internalisés du patient, transfert qui traduit le lien de l'enfant dans le patient avec l'adulte qu'il est devenu, ainsi que le lien de l'enfant aux adultes dont il a dépendu, et donc de l'enfant dans le patient avec ses objets internes.
Du côté du patient, cette situation régressive est l'objet de désirs et de craintes : désir de retrouver une situation de dépendance, mais aussi angoisse associée au relâchement de la maîtrise sur ce qui vient de l'intérieur et menace de l'extérieur. Associée à certaines représentations des mouvements d'affects et des fantasmes qui y sont liés, c'est l'angoisse qui devient le signe de la résistance à cette régression."
Thierry Bokanowski, tbokanow@aol.com
48, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris,
France
Article intégral ici
Par Nikaya, Mardi 14 Aout 2007 à 14:43 GMT+2 dans Lectures et correlations (article, RSS)






