La Psychanalyse d'Alice D., Alain Ksensée
Je viens de terminer La Psychanalyse d'Alice D. d'Alain Ksensée.
J'étais curieuse de voir l'autre côté de "la force obscure"... Hihihi...
En discutant du silence du psychanalyste, je me suis rendue compte que je ne me posais même pas la question de ce que pouvait ressentir le psychanalyste (gêne, envie de rire, malaise...) Alors que dans mon quotidien, j'aurais tendance à sur-interprêter les attitudes ou ce que peuvent penser les autres (me faire les questions réponses plutôt que de poser directement les questions). Bon, ce n'est pas la question... Je trouve que la cure psychanalytique tend à rendre narcissique ou à mettre en exergue le narcissisme des individus (JE ceci, JE cela) mais je l'accepte et je comprends la nécessité de "narcissiser" (tiens, va falloir que j'en parle au P'tit Robert...) pour que l'individu redevienne acteur de son existence plutôt qu'esclave ou victime de ses névroses et soufrances (arf, passons ces grands mots...)
M'enfin, plus je lis, plus je ramène mon derrière sur le divan (mon postérieur et mon antérieur... c'est marrant ça!), plus je comprends que le sens d'une relation (psychanalytique ou pas) est intrinsèque : il faut être dans cette relation pour en saisir le sens, la portée... Mais est-il possible de prendre du recul DANS une relation. Saisir le sens de quelque chose ne nécessite-il pas de prendre du recul ?...
Concernant La psychanalyse d'Alice D. :
Livre accessible. Petits clins d'oeil à Freud, à ses écrits et à son expérience. Bien que je me sois reprise à plusieurs fois sur certains passages, parce que je partais dans mes pensées en lisant... J'sais pas, du mal à me concentrer, les écrits évoquaient en moi des souvenirs... Mais bon, on a beau lire témoignages sur témoignages, récits sur récits, outre l'intérêt intellectuel, le plaisir de la lecture, la psychanalyse doit être vécue et chaque histoire est un nouveau "roman".
J'ai trouvé très intéressant la description des différents transferts, un coup la mère menaçante, un coup la mère malade, un coup le père "déglingeur"... etc. Autre chose : l'analysante parle et l'analyste analyse (wahou quelle trouvaille!): oui cela paraît évident, mais dans l'expérience, ce n'est pas évident à saisir : j'aurais tendance à trop réfléchir alors que "tout ce que j'ai à faire", c'est parler. Cela me rappelle un lien que j'ai péché chez Francis Bismuth ici. où une jeune femme parle de cette "nécessaire" parole.
Ce qui, par contre m'a déplu et me déplait toujours dans la théorie psychanalytique, c'est ce rapprochement quasi constant à la sexualité et notamment à l'oedipe et aux désirs incestueux : la petite fille qui désire son papa et qui souhaite évincer la maman rivale... Alors certes, le bouquin ne se résume pas à cela, mais je fais un refus de cette idée. Ca me dégoute, ça m'énerve... M'enfin ça me regarde!
Après ce melting pot (ou ce bordel) d'impressions, voici un petit aperçu de La Psychanalyse d'Alice D., d'Alain Ksensée.
Quatrième de couverture (écrit au dos) :
"Que se passe-t-il vraiment, quand la porte du cabinet s'est refermée, entre le psychanalyste et son patient (ou sa patiente)? Personne n'en sait rien avant d'avoir tenté l'expérience. Alain Ksensée a voulu dévoiler les secrets d'une cure, et tente la gageure d'en "raconter" l'histoire, du point de vue du thérapeute. Il reçoit une jeune femme, Alice D., et montre comment, séance après séance, mois après mois, il travaille à faire refluer son passé enfoui, à dévoiler les plis et les replis de son inconscient.
Très vite, le travail commence. Dès que l'on a réglé les modalités pratiques, on entre dans les associations, le travail d'anamnèse, les interprétations toujours plus approfondies, mais aussi, parfois, les impatiences, les tâtonnements, la lassitude... Au fil d'une succession d'énigmes à élucider, le récit nous fait découvrir progressivement les ressorts intimes de l'inconscient et nous initie aux subtilités de la pratique du psychanalyste."
Alain Ksensée est psychiatre et psychanalyste, membre de la société psychanalytique de Paris, et médecin consultant à l'Institut psychosomatique de Paris. Il a publié denombreux articles, ainsi que Claudine ou le faux autisme (Privat, 1976)
Par Nikaya, Dimanche 2 Septembre 2007 à 12:35 GMT+2 dans Lectures et correlations (article, RSS)






