Nikaya, Psychanalyse and Co

19h30 : JC

Séance intéressante... et surprenante...

Je ne sais pas si c'est le but recherché, mais je me sentais bien sur le divan, et j'acceptais aussi mon silence. je n'essayais pas de le combler. Je passais d'un sujet à un autre, essentiellement mon plaisir de la scène via le théâtre où, tout en étant un autre personnage, je suis pleinement moi, avec toutes mes tripes... Je parlais aussi du plaisir du lacher-prise quand je joue du piano... Lacher-prise qui s'interrompt parfois par une prise de conscience brutale qui me paralyse dans mon élan.

Il y a quelques mois, la veille d'un concert dans une église, je me familiarisais avec le superbe piano à queue chinois (ou japonais... j'sais plus) sur lequel je jouais le lendemain. Toucher excquis, sonorité subtile et très juste, délicate... Un vrai bijou !

 

Je m'envole émotionnellement en jouant le Claire de Lune de Debussy... Je suis envahie...La musique m'enveloppe et je me laisse transporter, comme possédée... Je prends conscience du son qui émane de mes doigts... Ce n'est pas possible... C'est fou... Je respire la musique, je suis la musique, mes doigts jouent tout seuls... comme si je n'étais plus maître de ce que je joue, je perds le contrôle... Tout à coup mes pieds retouchent brutalement le sol... non, je me mets à contrôler le flux spontanné et naturel qui sort de mon corps et de mes doigts... J'allais pourtant atteindre le nirvana, mais non, ma contrôlemanie m'a empéchée de faire le grand saut, comme si je ne croyais plus au parachute qui me portait... Match Lâcher-prise/contrôle : Victoire du contrôle... salop de contôle... 

A propos de nirvana : Une nuit je faisais un rêve dont je me souviendrai très longtemps. J'étais en haut d'une montagne enneigée, l'air est pur et bienfaisant... Il y a des gens au loin, je me sens sereine... Pour aller d'une montagne à une autre, je décide de sauter, de voler. Je me lance et je sens bien que cet acte est dépendant de pensée... Croire en ce que je fais, mais aussi lacher prise... J'atteris sur l'autre montagne et ressens une béatitude, le nirvana, un bien-être dans ton mon corps et mon esprit que je n'ai jamais autant ressenti. J'aimerais vivre cette pleinitude.

Bref, je m'évade.... 

Fin de séance, je dis "bon, je crois que c'est terminé pour aujourd'hui" -ce sont les mots qu'il emploie à chaque fois- Et puis passe un silence... Il me dit : "on va arrêter là pour aujourd'hui"... Suis trop balaise ! Appelez-moi Irma... Hihihi

Je remets la couverture en place sur le divan, la boite de mouchoirs... Et je le vois se précipiter (ou prèsque) derrière son bureau. Habituellement, il va directement m'ouvrir la porte.  Je le vois ouvrir une grande enveloppe marron... Non non, ce n'est pas un billet d'avion pour Tahiti... Mais je me doute de ce que c'est... Hiha!!!! Il en sort 2 livres tout frais tout neufs : Des analysés heureux, 21 histoires de divan de Michèle Costa Magana (que je voulais m'acheter!!!! Yes yes yes) et Comment rater sa psychanalyse de Bernard Cremniter (que j'avais vu sur le site de Francis Bismuth, et que je voulais acheter aussi ! Double triple yes!!!!)

Je m'étais mise dans l'idée que mon analyste ne comptait plus me prêter de bouquins ou me conseiller quoique ce soit... Ah la bonne surprise... J'étais aux anges et je n'ai pas masqué ma satisfaction : grand sourire les yeux brillants encore humide de larmes...

Et là, il me précise avec une voix vive et un air professoral, comme un hypnotiseur qui me ferait sortir de mon sommeil divanesque : "cela vous aidera à comprendre vos résistances et le sens du silence dans l'analyse "

Donc voilà, je vais sûrement tromper Le jour où Lacan m'a adopté de Gérard Haddad -que je venais de commencer- en m'encanaillant de ces 2 bouquins qui me font de l'oeil... J'en parlerai prochainement...

Vos commentaires

1 Le Mercredi 19 Septembre 2007 à 15:21 GMT+2, par choupette

hello Nikaya!
que de choses pour ce que vous avez appelé du silence!
j'ai expérimenté la séance dernière une toute nouvelle forme de silence (toute nouvelle en tous cas pour moi depuis plus de trois ans): en 40 minutes, j'ai du dire 4 phrases. et je me sentais très bien. ça fait un bien fou, c'est à peine croyable, aucune culpabilité à ne pas parler... le bonheur?
"des analysés heureux", je l'ai souvent aperçu, mais jamais encore osé l'acheter, de peur ensuite de ne ma trouver MA voie... je crois que maintenant je suis mûre.
dites-nous ce que vous y aurez trouvé!

2 Le Mercredi 19 Septembre 2007 à 15:51 GMT+2, par choupette

JC dit-il habituellement "c'est terminé" ou "on va s'arrêter là"? on peut s'arrêter avant le terminus...

3 Le Mercredi 19 Septembre 2007 à 22:25 GMT+2, par Nikaya

Bonjour Choupette... Votre commentaire m'a fait rire... je n'avais même pas remarqué que je m'étais trompée... En effet, il dit d'habitude "on va s'arrêter là pour aujourd'hui" et j'ai bien dit "machinchose terminé".... ??? Une manière de ne pas affronter SA phrase à lui peut-être : - le dire avant lui - changer la phrase qu'il est sensé me dire... That is the question....

4 Le Mercredi 19 Septembre 2007 à 22:39 GMT+2, par Nikaya

Oui Choupette, j'écrirai ici ce que j'y ai trouvé (mais qui sait, vous n'y trouverai peut-être pas la même chose?... Bon, d'accord, j'arrête de philosopher, hihihi). Concernant le silence, j'ose imaginer ce sentiment de quiétude que vous avez pu éprouver. Je n'en suis pas à 4 phrases par séance (loin de là, hihi!!) et mes silences ne durent pas plus d'une minute... Mais je suppose que l'important n'est pas ces chiffres... Mais je ressens un changement dans ma perception de ceux-ci, cela se ressent aussi physiquement : je suis silencieuse et je ne gigote pas, comme en méditation. Je me sens moins angoissée et ça, ça fait déja du bien. Vous dîtes avoir "expérimenté une toute nouvelle forme de silence" : c'était volontaire ? Ravie de vous lire,

5 Le Jeudi 20 Septembre 2007 à 08:39 GMT+2, par choupette

les 4 phrases par séance ne sont pas un idéal à atteindre! vous éprouvez un changement dans la perception de vos silences: c'est bien la chose la plus importante pour vous, les choses avancent, toujours à leur -votre- rythme. au fur et à mesure de l'avancée de l'analyse, certaines choses arrivent d'elles-mêmes; c'est le cas pour moi de cette séance quasi-silencieuse, en aucun cas préméditée, qui ne se reproduira peut-être jamais, et qui avait un sens pour moi à ce moment-là, même si ce sens n'est pas encore décodé... apprendre à laisser venir ce qui vient lorsque l'on arrive en séance, ce n'est pas si facile et cela demande du temps...

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