Nikaya, Psychanalyse and Co

vendredi 28 sept 2007 / 16h30 : JC

Copier-coller et petits ajouts à une correspondance mail suite à mon précédent post

Suite à mon message téléphonique, au lieu de me recevoir sur le divan, mon analyste m'a reçue en face à face ce vendredi (28 sept 2007). Il me l'a proposé en me disant que, oui, il avait bien reçu mon message. Sur le coup, j'ai hésité... Je m'appretais à m'allonger et j'étais prête à faire comme si je ne l'avais pas appelé.
Je lui ai demandé si cela ne gacherait pas ma psychanalyse, il m'a dit que non :

"même si ce n'est pas favorable" m'a-t-il dit, "tant que cela reste tout à fait exceptionnel".

Cela m'a troublée d'être face à lui, comme génée, intimidée par son regard sur moi. Bien sûr je n'attendais pas qu'il donne des solutions prêtes à consommer à mes questions, mais d'en "discuter avec lui", un peu comme un symbole, cela m'a aidée à y voir plus clair. Je suis sortie, les yeux bouffis et avec le sourire. Je lui suis très reconnaissante d'avoir été là.

Une fois mes questions envahissantes longuement abordées, il m'a demandé si j'avais des questions à lui poser (en gros, il fallait que j'en profite pour lui demander tout ce qui me trottait dans la tête au sujet de mon analyse). Sur le coup, je me suis dit, et lui ai dit... "Mince, ce qui me trottait dans la tête et m'obséd(e)ait est en fait très futile... Il croit -vous croyez- que j'ai des questions plus importantes à poser?"'

Puis il m'a reposé la question, et j'ai compris que je pouvais LUI poser les questions d'ordre un peu plus pratique (pratique... C'et le seul mot que j'aie trouvé) et que j'avais drôlement interprêté sa question.

Je lui ai demandé ce qu'était pour lui la libre association. Il m'a répondu "vous libre-associez très bien" (sous entendu, "ne cherchez pas midi à 14h")
Et puis mes résistances... Je lui ai demandé s'il fallait que j'aie conscience de mes résistances pour les surpasser. Il n'a pas répondu... "Pourquoi m'avoir refilé des bouquins en me disant que je comprendrai mieux quelles sont mes résistances ?" lui ai-je dit. ("Comment rater sa psychanalyse" de Bernard Cremninter)


Grosso modo, il faut que j'arrête de chercher à l'extérieur ce qui se trouve en moi, chercher frénétiquement sur le net et dans les bouquins, par exemple, et accepter de me retourner sur moi et en moi...etc. Voila LA résistance en question actuellement.
Il m'a conseillé, si je voulais faire des recherches sur le net, de me pencher sur "l'intellectualisation comme résistance" et sur... je ne me souviens plus de cette autre chose ... "états du moi" ou quelque chose comme ça, je ne sais plus, j'ai oublié.

Je suis sortie de chez lui en le remerciant vivement, ça m'a éclaircie... Et l'aventure continue.

"il y a encore du chemin à faire" m'a-t-il dit.

J'en ai encore plus conscience... Mes paroles face à lui, faisaient écho en moi, et cela introduisait des associations d'idées... alors je m'interrompais en disant... Bon... Ok, on verra ça sur le divan...
J'ai mis le doigts (ou plutôt des mots) sur des voies à exploiter... explorer.

Je prends conscience aussi à quel point j'ai le don (la manie) d'interpreter un regard, une parôle, une attitude, de me faire les questions-réponses en interprétant au travers du filtre de ma névrose.

D'où l'importance, aussi, du divan -mettant hors de vue l'analyste- qui me fait me sentir plus libre dans ce que j'ai à dire : pas de regard réprobateur, pas de jugement ni positif ni négatif, pas d'attitudes à interprêter, pas d'apparences à assurer, juste soi avec cet autre qui fait peut-être miroir pour mieux s'entendre.

 

Vos commentaires

1 Le Dimanche 14 Octobre 2007 à 15:53 GMT+2, par Melie

Très intéressant. Je me demande si mon psy accepterait ce genre de demande. Je ne crois pas, en fait. J'y pensais, en te lisant dans tes précédentes notes, que tu te protégeais beaucoup derrière une grosse tendance à l'intellectualisation (mais je m'abstiens de ce genre de commentaires qui n'apportent pas grand chose hors du cadre analytique)

Et puis moi aussi j'interprête tout mouvement de mon analyste, même hors de mon regard lorsque je suis sur le divan. Un bruit de fauteuil, l'intonnation de voix, le bruit de la respiration... ;-)

2 Le Lundi 22 Octobre 2007 à 21:26 GMT+2, par philippe

le bébé dans son caca, moi j'entends l'inconscient du bébé qui parle
amitié
philippe

3 Le Lundi 22 Octobre 2007 à 23:16 GMT+2, par Nikaya

oui Philippe, suis d'accord ! C'est à creuser... Hihi... Bien à toi, Nikaya

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