Nikaya, Psychanalyse and Co

mardi 29 janvier/ 20h35

Je parle de la colonie de vacances que j'ai faite à 7 ans, beaucoup de détails, rien de particulier ne me revient à l'esprit, juste parler, parler, et s'étonner d'en parler comme si c'était hier : parler du manque de ma mère, de la douleur de la séparation d'avec ma grande soeur qui était dans un autre groupe que moi, de l'envie de me faire chouchouter, du fait d'imaginer que la dame qui ferme les volets, c'est ma mère.
La bouze de vache dans laquelle on met tous volontiers un pieds dedans, des farces et attrape, des vièrges Marie remplies d'eau bénite qu'un camarade avait englouti comme une simple gourde d'eau (au fond c'est lui qu'avait raison !).

Mon plaisir à imaginer le ptit déj dès que j'arrivais dans un nouvel endroit.

Les longues marches, les lézards, les tétards, les dortoirs, les bonnes soeurs et les mono qui nous épouillent dans les champs. La rigidité et le manque de tendresse des bonnes soeurs, rigides, frigides... Ma dent cassée (une dent de grand que non!!! il ne faut pas arracher!)

La tristesse de voir mon père au spectacle de la colo qui, par sa présence me fait penser qu'il va déjà repartir.

La carte postale de mon grand-père adressée à "mon Schtroumpf grognon". La mono, à travers le dortoir... "qui c'est Schtroumpf grognon ??" ... Oui, c'était moi... Encore une farce de mon grand père... Il doit encore en rire de là-haut, ce rigolo ! 

Le melon au porto. Les photos. Le camping sauvage parmi les vaches en altitude, la couleuvre, le camping qui se termine dans la grange et le foin, le pipi au lit, de peur de demander à la monitrice d'aller dehors. Plus de souvenirs du reste de la nuit, ni des vêtements que j'ai changé, ni de mon duvet, souillé par mon urine... Plus de souvenir. Nada, dodo.

Puis reparler des rêves de sa femme, dont je suis la rivale, de la gêne, provoquée par le fait d'uriner "en public", comme de s'épancher, de se livrer si facilement devant lui alors que c'est un homme, un humain... Parler de la honte ressentie récemment ces derniers temps en dehors des séances, honte par rapport non pas à l'analyste mais par rapport à lui, JC en tant qu'homme.

Lui dire ma peur qu'il finisse par ne plus me supporter. 

Et puis c'est tout,

JC : Aurevoir,

- Aurevoir

JC : A vendredi,

- A vendredi" répondis-je, comme un perroquet, en le regardant dans les yeux,

Il a un sourire aimable dans les yeux. Je l'aime bien cet homme-là, alors que je ne le connais pas. Je n'ai pas envie de le connaître, au risque de le perdre... en tant qu'analyste.

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