Ces dernières semaines, ou ces 2 derniers mois, j'ai l'impression de ne
pas avancer dans mon analyse, de rester en surface : j'associe
librement, mais rien... rien de rien... Je patine, je rame, je pédale
dans la semoule.
Lors de ma dernière séance, j'ai fait part de ce sentiment à mon
analyste en lui disant que certes, je n'attendais pas de réponses ou de
conseils de sa part, mais que j'aimerais qu'il m'aide, que, peut-être
il y a des choses que je dis que je pourrais entendre d'une autre
manière, je demande juste d'être interpellée sur mes paroles, sortir de
mes pensées qui tournent en rond...
Je lui dis
"oui, je suis passionnée par la psychanalyse, mais c'est bien beau la
théorie, je ne peux pas continuer comme ça aveuglément sous prétexte ou
sous caution d'une passion pour l'analyse... et de ses triomphes... Il
faut que j'avance !"
Mon analyste m' a alors demandé: "pour quelles raisons vous avez entrepris une analyse, pour changer quoi ?"
Je réponds comme une liste; puis il m'a demandé si dans mon
quotidien j'agissais dans le sens de ces changements, je lui dis OUI,
Lui de répliquer : vous êtes sûre ?
Moi : oui... Je le veux consciemment, mais il y a quelque chose qui me retient, au delà de ces décisions importantes à prendre...
silence
Moi de continuer : Vous
supposez qu'il faille que j'ose me mettre en danger, que je sorte de
mon confort, qui certes me provoque des souffrances, me bouffe, mais
auquel je suis habituée (comme en sécurité) ? Voire que j'ose affronter
mes peurs... Parce que finalement ma (mes?) névrose(s) me poussent à
contourner constamment un danger (imaginaire, mais lequel au fond,
lequel à l'origine ?) en trouvant finalement 56 raisons de ne pas
prendre les décisions que j'aimerais prendre...
Lui, ne répond rien...
Parce que même si je gère correctement mon quotidien, mes relations
sociales, etc, je n'agis pas librement, j'agis en fonction de ce que je
suppose être le désir d'autres, et puis il y a cette culpabilité d'être
soi ou de prendre des décisions fidèles à mes désirs qui pourraient
faire souffrir d'autres que moi.... Notamment sentimentalement...
Bref, je n'en sors pas... Je suis un peu perdue...
Freud préconisait de ne pas prendre de grandes décisions lors de l'analyse, j'en ai déjà parlé...
Mais là il semblerait que pour avancer dans mon analyse, dans ma
vie, je doive "me mettre en danger", oser prendre des décisions
difficiles...
Et si je faisais une erreur, si c'était ma névrose qui me jouait
des tours de manière à me pousser à prendre de mauvaises décisions, des
décisions qui provoqueraient mon malheur ?
Je suis comme un âne entre un saut d'avoine et un saut d'eau... Ne
sachant quoi choisir je me laisse mourir de soif et de faim... je
moisis dans une situation sentimentale que je n'arrive pas à
éclaircir... Une situation qui me bouffe, je n'avance pas.
Je ne sais plus ou j'en suis... Même ma passion pour la
psychanalyse ne me rassure pas en me disant... "continue, il faut du
temps, ça va venir..."
Does anybody have something to say ???
Par Nikaya, Dimanche 10 Fevrier 2008 à 18:38 GMT+2 dans Divan (article, RSS)
Vos commentaires
Le Dimanche 10 Fevrier 2008 à 19:43 GMT+2, par mia
bonsoir Nikaya,
il y a des jours où l'on a envie de tout envoyer promener, non?
tu supposes beaucoup de choses que ton analyste pourrait penser... ou que tu as lues dans des bouquins...
ah! le fameux "vous croyez?", les résolutions "il faut", les certitudes "je sais que"...
être prêt à tout perdre, c'est facile sur le papier, mais c'est l'horreur dans la réalité ou sur le divan...
...et puis finalement, la vie continuera, pareil, mais autrement, des choses auront changé, rarement là où on les attend...
voilà ma contribution pour aujourd'hui, comme elle vient, pas vraiment pour le "something to say" mais pour ne pas te laisser seule avec ton désepoir de ce soir...
bonne fin de we, Nikaya! amitiés,
mia
Le Dimanche 10 Fevrier 2008 à 21:54 GMT+2, par Nikaya
Merci Chère mia,
j'espère pouvoir conter prochainement de belles avancées... ou des avancées tout court.
Bien amicalement,
Nikaya
Le Dimanche 10 Fevrier 2008 à 21:57 GMT+2, par augenblick
Tu dis que tu te trouves 56 raisons de ne pas prendre les décisions que tu aimerais prendre (aimerais,tu sembles donc savoir ce que tu souhaites). N'as-tu pas moyen de le faire en te gardant une zone de sécurité ou bien par étapes ?
Le Dimanche 10 Fevrier 2008 à 23:12 GMT+2, par nina
Peur du grand saut?
Quel beau lapsus de clavier le seau d'avoine et le seau d'eau!
Amitiés.
Le Lundi 11 Fevrier 2008 à 08:13 GMT+2, par verba
La difficulté est-elle dans chercher à être quelqu'un d'autre ou apprendre à être soi ?
Le Mardi 12 Fevrier 2008 à 00:10 GMT+2, par philippe
(AGAIN) Mais quel est cet homme au delà de l'analyste qui ne veut pas t'entendre, t'aider....
pour te mettre dans tous ces états..., quand on a l'impression de ne pas avancer on est svt dans la preparation d'une avancée importante, courage 
Le Lundi 18 Fevrier 2008 à 18:28 GMT+2, par Nikaya
>Augenblick : c'est la décision que j'ai prise... par étape... Je verrais après la 1ère étape si j'arrive à monter la marche suivante et ainsi de suite... Merci Frau Augenblick !
>Nina : ben tu ne me l'aurais pas dit, j'avais beau me relire, je ne le voyais même pas... Donc en effet, lapsus de clavier, flagrant déli parfaitement en adéquation avec la situation
Arf jte jure!! Merci pour ton commentaire
>Verba : La difficulté ici, verba, est d'apprendre à être soi, je pense. Et ne plus être le "reflet" des SOI-disant désirs des autres (que probablement je crée de toutes pièces)... Donc oser prendre le risque de (?)
Merci verba
>Cher Philou (on the road again), souvent je remarque que des sujets abordés lors d'une même séance, même en apparence totalement différents (passer du coq à l'âne) ont toujours un rapport... intéressant... Merci Philou
Le Vendredi 22 Fevrier 2008 à 00:25 GMT+2, par Sygne
c'est un doute permanent ça : ne pas savoir si l'on désire bien ce que l'on croit vouloir, si on est "empêché" par névrose (et donc inhibition devant un vrai desir) ou par absence réelle de désir... bref, si la décision prise est de l'ordre de l' acte (du côté du desir) ou du passage à l'acte (du côté de la jouissance).
Personne ne peut répondre à ta place.
Bon courage nikaya 
(et il est vrai que le savoir théorique encombre et parasite parfois l'expression trouée, trébuchante du savoir inconscient... il n'est d'aucun secours dans la cure, au contraire 
Le Vendredi 22 Fevrier 2008 à 08:47 GMT+2, par Francis Bismuth
... Tout à fait d'accord avec ce qu'écrit Sygne.
FB
Le Vendredi 22 Fevrier 2008 à 12:28 GMT+2, par Nikaya
Merci Sygne, Merci Francis, je ne recherche plus de réponse -consciemment- dans les bouquins... Mais il est vrai que la psychanalyse me passionne alors... Tout ce qui a attrait avec la psychanalyse éveille mon intérêt (alors oui, peut-être inconsciemment je recherche des réponses)... Mais par la force des choses, -occupations professionnelles, et autres occupations assidues-, je me désintoxique naturellement... Et puis parfois, lors de raz-le-bol de ne "pas avancer", je lache ces quelques lectures psychanalytiques pendant quelques jours, parfois quelques semaines... Et je vais à mes séances la fleur au fusil, comme une touriste... Et je me sens mieux ainsi... "en touriste"...
Concernant le désir... Est-ce qu'avec l'analyse je saurai davantage si mes choix ou non-choix sont motivés par ma névrose, mes inhibitions...etc, est-ce que je saurai davantage "choisir" en pleine conscience ? (pour X raison) mais choisir.
Le Dimanche 24 Fevrier 2008 à 12:31 GMT+2, par Melie
Ce qui m'étonne ici : tu mets à part, tu opposes même, névrose supposée et le "reste", comme si l'on pouvait parler de cette "névrose" comme d'une entité autonome, distincte d'un autre désir, plus "vrai" peut-être ? Ce clivage me semble complètement artificiel...
Le Dimanche 24 Fevrier 2008 à 12:38 GMT+2, par Melie
Tiens, si tu n'as pas déjà lu, ça pourrait t'intéresser :
squiggle.be/question-a-un...
Le Mardi 26 Fevrier 2008 à 11:56 GMT+2, par Nikaya
Bonjour Mélie, je te remercie pour ton commentaire... En effet, et c'est peut-être une erreur de ma part, je considère que "ma" névrose ne fait pas partie de ma personnalité : que c'est un fauteur de trouble que je dois éliminer... via la psychanalyse.
Alors que peut-être je devrais accepter de vivre avec... plutôt que d'être constamment en conflit -intérieur-. Je n'y avais pas songé... Je suis un peu entêtée en ce moment et je n'arrive pas à enlever mes oeillères alors merci.
Concernant le lien, j'au déjà lu l'article, FB me l'avait suggéré sur son forum.
A bientôt,